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Fiche pratique rédigée par Maître Sabrina ZAKRAOUI
Maître ZAKRAOUI

Vers la fin du Barème MACRON pour les indemnités prud'homales

Travail / Par Maître ZAKRAOUI, Avocat, Publié le 09/04/2019 à 14h45
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Le débat relatif à l'inconventionnalité du barème des indemnités prud'hommales a été récemment ré-ouvert par le Jugement du Conseil de Prud'hommes du Mans du 27 septembre 2018, suivi par le Jugement du Conseil de Prud'hommes de Troyes du 13 décembre 2018, qui statut à l'opposé.

Ces deux jugements se fondent sur l'article 24 de la Charte sociale européenne et du Comité européen des droits sociaux qui a déjà condamné un barème comparable à celui actuellement appliqué par les juridictions françaises avec l'application du

nouvel article L.1235-3 du Code du travail.

Le barème introduit par les Ordonnances MACRON reste controversé, pour les partisans il s'agit d'une sécurité pour l'employeur et pour les opposants, celui est un frein à ce que la réparation intégrale du préjudice éprouvé par le salarié soit garantie.

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Relation employeur-salarié de droit privé (contrat de travail, exécution et rupture), salaires, sanctions, prud'hommes, discrimination, harcèlement.

Votre demande concerne une relation employeur-salarié et ses conséquences : contrat de travail (CDI, CDD, intérim, stage), exécution du contrat (salaires/primes, heures supplémentaires, congés payés, clauses de mobilité ou de non-concurrence) ou modification des conditions de travail.

Elle peut aussi porter sur la rupture (licenciement pour faute/économique/motif personnel, démission, rupture conventionnelle), des sanctions disciplinaires, la discrimination, le harcèlement moral ou sexuel, le règlement intérieur, les représentants du personnel/syndicats, l'intéressement/participation/épargne salariale, l'accident du travail, et éventuellement le pénal du travail (santé-sécurité, travail dissimulé, entrave, prêt illicite de main-d'oeuvre, etc.).

Séjour/nationalité : titre de séjour, visa, asile, OQTF, régularisation, renouvellement, naturalisation, autorisation de travail, rétention, expulsion.

Votre demande relève du droit des étrangers (séjour ou nationalité) : naturalisation, titre de séjour/carte de résident, visa, changement de statut, autorisation de travail, asile, regroupement familial.

Elle peut aussi concerner une mesure d'éloignement/contrôle (OQTF, reconduite à la frontière, interdiction de retour, interdiction du territoire, expulsion, zone d'attente, rétention) et les démarches/recours associés.

Pénal : victime, suspect(e)/mis(e) en cause ou condamné(e) (plainte, audition, garde à vue, convocation, jugement, appel), avec enquête, tribunal, recours et éventuelle constitution de partie civile.

Vous êtes victime, suspect(e)/mis(e) en cause ou condamné(e) dans une affaire pénale : plainte, convocation, audition, garde à vue, enquête ou instruction.

La procédure peut passer par une alternative (médiation, composition pénale), une CRPC ou une comparution immédiate, puis un jugement devant le tribunal de police, le tribunal correctionnel ou la cour d'assises, avec constitution de partie civile possible et recours (appel, cassation). Le sujet peut aussi inclure les infractions routières/permis et l'exécution/aménagement de peine.

Litige avec une administration ou un établissement public et je conteste une décision (refus, retrait, sanction, autorisation, silence de l'administration).

Votre situation oppose une administration ou un établissement public et vous souhaitez contester une décision (refus, retrait, sanction, autorisation) ou l'absence de réponse de l'administration.

Le dossier relève d'un recours administratif et, le cas échéant, du tribunal administratif, notamment en marchés publics, responsabilité de l'administration, élections et collectivités, fonction publique, urbanisme, droit des étrangers.

Sécurité sociale / CPAM / CAF / MSA / URSSAF : litige sur des droits/prestations (AT-MP, refus, trop-perçu, taux), des cotisations ou un contrôle, recours.

Vous contestez une décision d'un organisme social ou un dossier de protection sociale (CPAM/CAF/MSA, URSSAF).

Le sujet peut concerner l'accident du travail/maladie professionnelle (AT/MP), la faute inexcusable de l'employeur, l'invalidité/handicap, les congés parentaux, la retraite, le chômage, les prestations, ou les cotisations et les contrôles sociaux.

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Particulier employeur

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Administration publique

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Licenciement économique

Cela signifie que l'employeur justifie la rupture par la situation de l'entreprise ou une réorganisation. Exemple : votre poste est supprimé parce que l'activité baisse.

Licenciement pour motif personnel

Cela signifie que la rupture est liée à votre situation ou à votre comportement, sans être forcément présentée comme une faute disciplinaire. Exemple : l'employeur estime que vous n'êtes plus adapté au poste.

Licenciement pour faute

Cela signifie que l'employeur vous reproche un comportement ou un manquement qu'il estime suffisamment grave pour rompre le contrat. Exemple : absences non justifiées ou non-respect d'instructions importantes.

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Faute simple

Il s'agit d'un reproche sérieux, mais pas au point de rendre impossible votre maintien immédiat dans l'entreprise. Exemple : un manquement répété aux consignes.

Faute grave

Il s'agit d'un reproche que l'employeur considère comme très sérieux, au point de ne pas pouvoir vous garder dans l'entreprise pendant le préavis. Exemple : refus répété d'exécuter le travail ou incident grave.

Faute lourde

Il s'agit d'un reproche encore plus grave, avec l'idée que le salarié aurait voulu nuire à l'employeur. Exemple : destruction volontaire de matériel pour faire du tort à l'entreprise.

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Des décisions qui ont pour conséquence de laisser les employeurs dans l'incertitude juridique et qui vont permettre aux salariés de ne plus se limiter au barème

Ce barème fondé sur les indemnisations moyennes des Conseil de Prud'hommes vient limiter la responsabilité des employeurs et dans le même temps rend la saisine du Conseil de Prud'hommes obsolète.

En effet, l'indemnisation du salarié étant limitée par une fourchette, plus besoin d'aller aux prud'hommes il suffit de transiger en se basant la fourchette d'indemnité de l'article L.1235-3 du Code du travail.

Cette solution qui fait prévaloir la protection des finances de l'entreprise sur l'indemnisation du salarié peut paraître particulièrement choquante et ce d'autant plus que l'article L.1235-3 du Code du travail en son alinéa 4, précise que les juges prud'homaux peuvent tenir compte des indemnités extra-légales concédées au salarié pour prononcer le montant des dommages et intérêts.

A la suite de l'entrée en vigueur du barème MACRON, pour faire échec à l'application de celui-ci, les salariés se sont alors mis à solliciter des dommages et intérêts sur le fondement de la violation d'une liberté fondamentale (discrimination, harcèlement, nullité du licenciement etc.).

En effet, le barème ne s'applique pas en cas de violation d'une liberté fondamentale.

Allant plus loin, c'est l'inconventionnalité de la loi qui a été soulevé brillamment par un salarié par devant le Conseil de Prud'hommes du Mans.

En l'espèce, un exploitant avait cédé son entreprise à un repreneur dans des conditions très favorables à ce dernier et en contrepartie le repreneur avait consenti des contrats de travail à l'ancien chef d'entreprise et son épouse avec des garanties d'emploi respectivement de 3 et 1 an. La situation s'est dégradée et à l'issue des garanties d'emploi, l'employeur à licencier les salariés.

Les spécificités de cette espèce auraient permis au Conseil de Prud'hommes de retenir à la fois le harcèlement moral qui alors écarterait l'application du barème, mais aussi en gonflant l'indemnité relative au préjudice moral en raison des conditions vexatoires entourant la procédure de licenciement.

L'argumentaire invoqué, inspiré de celui préconisé par le syndicat SAF, était habilement construit et le but était clairement d'obtenir la reconnaissance de l'inconventionnalité du barème.

Le demandeur en se basant tant sur les dispositions de l'article 10 de la Convention de l'Organisation internationale du travail n°158 et sur l'article 24 de la Charte sociale européenne, a obtenu gain de cause.

Une décision suivie par plusieurs autres

Les conseils de prudhommes d'Amiens et de Lyon écartent à leur tour l'application du barème d'indemnités pour licenciement sans cause réelle et sérieuse.

Le Conseil de prud'hommes d'Amiens, dans une décision du 19 décembre 2018, estime que l'indemnité de 0,5 mois de salaire à laquelle le salarié pouvait prétendre en application de ce barème, compte tenu de sa faible ancienneté et de l'effectif de l'entreprise inférieur à 11 salariés, ne peut être considérée comme étant appropriée et réparatrice de son licenciement abusif. Il en conclut que notre droit est contraire à l'article 10 de la convention 158 de l'OIT signée par la France.

Dans une décision rendue 2 jours plus tard, le Conseil de prud'hommes de Lyon, sans même faire expressément référence au barème, accorde à un salarié, dont le contrat avait été abusivement rompu au bout d'un seul jour, une indemnité égale à 3 mois de salaire.

Il juge en effet que l'indemnisation doit être évaluée à la hauteur du préjudice subi conformément à l'article 24 de la charte sociale européenne.

Ces décisions ont pour conséquence de placer les employeurs dans l'incertitude juridique et de permettre aux salariés de ne pas se limiter au barème prévu par l'article L.1235-3 du Code du travail, dans leurs réquisitions sur le fondement de l'article 24 de la Charte sociale européenne et de l'article 10 de la Convention de l'Organisation internationale du travail n°158.

Source: Commentaire article du Professeur Jean MOULY

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